jeudi 26 février 2009

Vers un équilibre du pouvoir!

balance

De mon point de vue, la journée d’aujourd’hui marque un tournant important par rapport à la gouvernance des entreprises en redonnant un certain pouvoir aux actionnaires, pouvoir que l’on croyait à jamais enterré.

L’une des théories fondamentale qui nous est enseigné pour quiconque fait des études en management est la théorie des parties prenantes (stakeholder). L’une de ces parties prenantes est, bien évidemment, les actionnaires.

Par contre, comme le mentionne Stiglitz dans son livre «Quand le capitalisme perd la tête», plus la propriété d’une entreprise est diluée, plus il est difficile pour les actionnaires de faire valoir leurs intérêts.

Aujourd’hui, suite à leurs assemblées des actionnaires, trois des plus grandes banques canadiennes vont accorder un droit de vote consultatif aux actionnaires quant au plan de rémunération des dirigeants. Ci-bas, une partie du texte de la nouvelle:

«Lors des assemblées annuelles tenues aujourd'hui, les actionnaires de la CIBC (T.CM) et de la Banque Royale (T.RY) ont voté en faveur de motions qui leur accorderaient un droit de vote consultatif quant à la rémunération des membres de la direction.

Plus tôt ce matin, la Banque Nationale (T.NA) a devancé les deux autres banques en annonçant que la rémunération de ses dirigeants allait être soumise à un droit de vote consultatif lors des assemblées annuelles.

Toutes les banques canadiennes font actuellement face à de telles requêtes de leurs actionnaires qui souhaitent pouvoir se prononcer sur les salaires et diverses compensations des patrons.

Les banques se sont d'abord opposées à de telles motions mais semblent incapables d'endiguer la colère des actionnaires face aux salaires exorbitants offerts aux dirigeants, particulièrement en période de crise économique.»

Il a fallu un dossier hautement controversé, tel que la hauteur et la constitution de la rémunération des hauts dirigeants, particulièrement ceux des banques, pour que les actionnaires fassent entendre leurs voix.

Le sujet de ce billet n’est pas débattre de la légitimité ou non de la rémunération de nos banquiers. Ce n’est pas non plus de prendre position pour les actionnaires, les employés ou encore les gestionnaires. Le sujet de ce billet concerne mon bonheur à constater un meilleur équilibre entre les différents intérêts en jeu.

Il n’est pas sain pour une économie qu’un conseil d’administration et/ou un PDG puissent agir sans se soucier des autres parties prenantes car ils/a tous les pouvoirs. De même qu’il n’est pas sain qu’une comité de gestion, un syndicat et/ou des actionnaires puissent avoir la totalité du pouvoir.

Notre système fonctionne bien et génère de la valeur lorsque les différents intérêts peuvent s’exprimer et que des mécanismes de contre-pouvoir existent et fonctionnent convenablement.

La nature humaine étant ce qu’elle est, sans ces mécanismes, se sont des intérêts particuliers qui se manifestent et cela conduit aux excès dont nous subissons les conséquences en ce moment.

Aujourd’hui, je l’espère, nous entrevoyons le premier signal d’un rééquilibrage salutaire, c’est en tout cas la grâce que je nous souhaite.

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