lundi 16 novembre 2009

Changement culturel chez le Colonel Sanders mais est-ce une bonne stratégie?

yum brands

Vous connaissez Yum Brands? En fait, vous connaissez très bien cette entreprise sans nécessairement le savoir puisqu'il s'agit tout simplement du propriétaire des chaînes Poulet Frit Kentucky (PFK), Pizza Hut et Taco Bell pour ne nommer que ceux-là.

Le sujet m'est tombé sous la main suite à la lecture d'un article paru initialement dans The Economist et qui fut repris par le Journal Les Affaires dans son édition du 7 au 13 novembre 2009.

L'article traite d'un énorme changement culturel qui s'opère présentement chez Yum Brands et que je trouve particulièrement intéressant à partager avec vous. Avouons que la recette secrète du Colonel Sanders, dans mon imaginaire, se retrouve dans la catégorie des choses éternelles et immuables. Vous imaginez ma surprise lorsque je retrouve «changement culturel» et «Colonel Sanders» dans la même phrase.

À lecture du texte il apparait évident que le président de la direction, Dave Novak se retrouvait face un à problème d'immobilisme qui empêchait l'organisation de demeurer compétitive. Selon lui, la complexité de la structure du conglomérat (peu de liens entre les différentes marques et activités) ralentit l'implantation d'initiatives et donc de changements.

Pourtant, des changements, M. Novak désire en faire. En effet, le président envisage de réaliser trois grandes priorités:

  1. 1- Proposer des mets plus santé;
  2. 2- Offrir une plus grande variété de boissons;
  3. 3- Adapter les menus aux moments de la journée;

Comment implanter ces changements à l'intérieur d'une culture d'immobilisme et de statu quo?

La réponse lui est venue de Chine où John O'Keefe, un ancien cadre de Procter et Gamble, intervenait en tant que consultant auprès de dirigeants locaux de Yum. Les principes de gestion de M. O'Keefe, baptisés ABR (Achieving Breakthrough Results) valorise l'innovation et «suscite une saine insatisfaction devant le statu quo».

Évidemment, il fut facile pour M. Novak de faire le lien entre les problèmes de Yum et ce qu'il observait dans les restaurants chinois du groupe.

Ainsi, il décida d'étendre l'expérience chinoise à l'ensemble de Yum avec, bien sûr,  l'aide de M. O'Keefe. Cette décision amorça un changement culturel important à la grandeur du conglomérat.

Depuis, les changements s'opèrent selon les plans et M. Novak est persuadé que l'implantation de ses trois priorités se réalisera plus rapidement grâce à la méthode ABR.

Cette histoire est tout de même disons...étonnante, car peu de données objectives ne viennent appuyer la stratégie d'entreprise de Yum. En fait, je dirais même, que le groupe semble plutôt géré à.....l'émotion.

En fait, M. Novak fut initialement emballé par un concept séduisant, mais aucunement appuyé sur des faits. Il est vrai que les restaurants chinois performaient mieux que les autres restaurants du groupe. Par contre, il faut aussi prendre en compte que l'intensité concurrentielle en Chine est beaucoup moins importante du fait que 400 des 600 restaurants chinois n'ont aucune concurrence de la part d'autre groupe occidental. De plus, la Chine fut beaucoup moins affectée par la récente récession que les pays occidentaux.

Il est donc impossible pour M. Novak d'isoler l'effet de cette culture différente sur la performance des restaurants chinois. La décision d'étendre ce mode de gestion et d'implanter cette culture à la grandeur du conglomérat semble beaucoup plus relever de l'intuition que d'une planification stratégique rigoureuse.

De même, les résultats à ce jour, considérés comme positifs de la part du président ne sont le fruit que de sondages internes fort incomplets. Un autre manque de rigueur ou bien d'aveuglement sélectif?

Mon dernier commentaire concerne le fait d'implanter la même culture au sein de l'ensemble de l'entreprise.

C'est tout de même intrigant comme stratégie. Habituellement, le fait d'utiliser différentes bannières et/ou marques permet de segmenter les activités du conglomérat pour se positionner à l'intérieur de différents marchés ou niches. Je trouve bizarre, ou à tout le moins risqué de vouloir implanter la même culture organisationnelle dans tout le conglomérat, car, ce faisant, il pourrait y avoir une perte de différentiation entre les différentes entreprises.

Si PFK, Pizza Hut et autres possèdent la même culture et si les trois priorités du président sont réalisées dans l'ensemble des divisions, la trajectoire de celles-ci tendra à être la même, éliminant, de facto, la segmentation initiale à la base de la pertinence du conglomérat.

De plus, au début de ce billet je vous mentionnais que, selon le président, c'est la structure même du conglomérat qui est à la raison principale de l'immobilisme de l'organisation.

À la lumière de mes commentaires, pourquoi avoir choisi la voix du changement culturel plutôt que d'amorcer une modification de la structure du conglomérat?

 

samedi 14 novembre 2009

Suggestions de lecture semaine du 16 novembre 2009

Il y a de ces matins où la lecture de l'actualité me laisse perplexe, ce matin est l'un de ceux-là. Prenons le dossier de la crise des médias par exemple. Nous avons déjà traité de la question sur ce blogue et il semble clair que le nœud du problème est le fait d'un modèle d'affaires qui n'a pas su, à ce jour, s'adapter à un environnement changeant. La clé du succès est de développer un modèle d'affaires rentable à l'intérieur d'un nouvel ordre mondial. Alors, voulez-vous bien me dire ce que vient faire le gouvernement dans ce dossier? Sur la concentration de la presse et la diversité de l'information j'en suis. L'État doit se soucier de ces questions mais sur le reste des éléments étudiés??

Deuxième exemple, la sortie de Pierre Curzi sur le problèmes des écoles passerelles. Celui-ci nous indique:

«..C'est donc dire fermer cette porte de l'accès au système d'éducation en anglais pour les gens qui n'y ont pas droit, par l'intermédiaire des écoles privées non subventionnées, a-t-il dit. C'est donc revenir à l'esprit même de la Loi 101 et au consensus général des gens au Québec.»

Est-il si convaincu que la Loi 101, vieille de plusieurs années, représente le «consensus général»??!! Pourquoi affirmer de telles choses sans que ce soit plus appuyé? Je serais bien curieux de refaire le débat sur cette question. Je pense que nous aurions, encore une fois, la démonstration qu'il existe deux Québec.

C'est quand même décevant de voir que certaines idées reçues sont continuellement reprises dans les médias sans que personne ne les remettent en question. Pourtant, elles sont, bien souvent, appuyées sur.....du vent.

Par contre, j'ai une bonne nouvelle pour vous, il existe d'excellents billets sur la gestion dont en voici quelques exemples.

Débutons par un article qui s'interroge sur la pertinence des tests d'évaluation dans le domaine du recrutement.

Vous n'avez pu (tout comme moi ) assister au Salon sur les meilleures pratiques d'affaire 2009? Qu'à cela ne tienne, je vous invite à consulter le blogue de Mathieu Laferrière car ce dernier en a fait un excellent résumé.

Est-ce qu'il y a des risques d'observer des comportements inappropriés dans les réseaux sociaux d'entreprise? Pas plus que dans la «vraie» vie.

La voie de l'avenir: Recrutement 2.0

10 Reasons Why You're Probably going to fail.

Un excellent article qui présente ce qu'est la méthode kaizen mais qui pose aussi un une épineuse question à savoir si la recherche du «One Best Way» n'est pas, d'une certaine façon, un retour au taylorisme.

Si vous voulez en savoir plus sur la veille concurrentielle.

J'ai découvert un billet qui traite d'un bizarre de concept. Voyez ci-bas de quoi il en retourne.

«Je travaille pour une entreprise qui fait de la formation en « assertivité » : il s’agit d’apprendre aux salariés à s’appuyer sur leur intelligence émotionnelle pour en faire une force plutôt qu’une faiblesse, pour traiter d’égal à égal avec leur interlocuteur, et pour amener celui-ci à dire oui.»

L'auteur de ce billet nous présente un guide de management, où ils nous propose ses recommandations. Le pire de tout ça c'est que ça existe vraiment mais pas tout au même endroit....heureusement!

Terminons ce tour d'horizon par un billet acidulé où l'auteur nous présente les dernières tendances en matières de coaching d'entreprise. Disons simplement que je trouve qu'il a partiellement raison, et vous?

Vous avez un bille à partager qui serait d'intérêt pour le lectorat de ce blogue, n'hésitez pas à m'en faire part, il pourrait faire partie des suggestions de lecture!

Pour plus de liens en cours de semaine, suivez-moi sur Twitter!

jeudi 12 novembre 2009

Le régime de retraite individuel (RRI)

Retraite

Aujourd'hui, je sors du cadre traditionnel de ce blogue pour vous présenter non pas un billet sur la gestion, mais plutôt un texte sur un sujet qui intéressera particulièrement les entrepreneurs et les hauts salariés désireux de planifier adéquatement leur retraite tout en maximisant les impacts fiscaux.

Étant donné que le lectorat de cet espace virtuel est majoritairement composé de gestionnaires et d’hommes d’affaires, le sujet d’aujourd’hui devrait piquer votre curiosité puisqu’il s’adresse directement à vous.

De quoi s’agit-il?

Je fais référence au régime de retraite individuel (RRI).

L’idée de vous parler de ce régime m’est venue à la suite d’un déjeuner-conférence avec Daniel Gagné, actuaire chez Mallette qui est venu nous entretenir des avantages et des caractéristiques du RRI.

De façon générale, le RRI est un régime très performant fiscalement qui offre la possibilité de capitaliser des montants en vue de la retraite. Il permet de constituer sa propre caisse de retraite à prestations déterminées puisque chaque année de participation donne droit à une rente viagère.

En plus, selon M. Gagné, le régime permet :

« -D’indexer la rente et d’instaurer certaines garanties en cas de décès prématuré;

-De capitaliser la rente par des cotisations déductibles d’impôt;

-De générer un rendement de la caisse de retraite à l’abri de l’impôt;

-De permettre des cotisations supérieures à celles permises par un REER conventionnel.»

La clientèle visée est constituée de hauts salariés qui désirent verser un montant plus important que la contribution maximale admissible au REER.

Plus précisément, il s’agit d’une personne:

« -Personne rattachée / lien de dépendance »

-Âgée entre 40 et 67 ans;

-Qui ne participe pas à un RPA/RPDB;

-À l’emploi d’une société qui est rentable avec des liquidités, qui peut utiliser les déductions fiscales et où la personne peut encore espérer travailler;

-Recevant un T4;

-Préférablement avec des services passés assez longs »

Toujours selon M. Gagné, les avantages du régime sont :

« -Facilité d’administration;

-Des économies fiscales importantes;

-La propriété des surplus actuariels;

-Des prestations plus élevées à la retraite. »

Fait important à noter, il est possible de faire des rachats de services passés. En outre, l’employeur peut assurer un rendement minimal de 7,5%/an à la caisse de retraite.

Si vous désirez obtenir de plus amples informations sur le régime de retraite individuel (RRI), je vous suggère d’en discuter auprès de votre conseiller financier et/ou comptable. Ces professionnels seront en mesure d’évaluer, avec vous, si le RRI vous serait avantageux.

Source : Document remis lors du déjeuner-conférence produit par Mallette

Source de l'image: pfala

 

lundi 9 novembre 2009

La gestion du changement ce n'est pas que la gestion des résistances.

changement

La gestion du changement est certes l'un des sujets qui fut le plus traité au cours des dernières années. On y fait une fois de plus mention dans cet article du Journal Les Affaires. Le texte attira mon attention, car il aborde le sujet sous un angle différent de la très grande majorité des papiers en la matière. Cette fois-ci, on se questionne sur la façon de retirer les bénéfices tangibles du changement.

Question intéressante, voire essentielle n'est-ce pas? Pourtant, lorsque l'on traite de gestion du changement on aborde habituellement l'éternelle question de la nature humaine, qui est, en raison de sa nature, réfractaire au changement. Partant de là, il existe une panoplie de techniques afin de diminuer - éliminer ces résistances afin de pouvoir effectuer les changements et patati et patata.

Ce n'est pas que ces questions ne soient pas intéressantes, mais il n'y a rien de neuf sous le soleil de ce coté là.

Pourtant, les spécialistes en gestion du changement sont tellement obnubilés par la question des «résistances» qu'ils ont de la difficulté à aborder le changement sous un faisceau plus large.

À preuve, l'article mentionné en début de billet. Le point de départ de l'article est:

«....un sondage effectué par la firme d'experts-conseils britannique Moorhouse et le Financial Times, seulement 20 % des cadres d'entreprises disent que leurs programmes de changement se sont traduits par les bénéfices prévus.»

À ce sujet, Carole Lalonde qui enseigne à l'Université Laval mentionne que:

«...Une partie du problème réside dans la pensée magique des hauts dirigeants qui conçoivent les programmes de changement, et qui le font sans consulter les cadres intermédiaires et les employés concernés.»

Ce n'est pas faux, loin de là, mais ce n'est pas ce dont il est question ici. Le sondage ne fait pas mention de la difficulté d'effectuer un changement, mais bien, du peu de bénéfices associés aux changements effectués. Nous nous situons ici APRÈS le changement. Les gestionnaires ne mentionnent pas que le changement s'est mal opéré, qu'il y a eu de la résistance ou bien que les employés et/ou gestionnaires font de la résistance passive. Non. On mentionne simplement qu'une fois le changement fait, les gains escomptés ne se réalisent pas...

J'ai beaucoup mieux aimé la réponse de Bob Hendicott, directeur chez MooreHouse à Londres et qui mentionne que:

« les dirigeants qui conçoivent les programmes de changement oublient de mettre en place des mécanismes de gestion visant à s'assurer que ceux-ci se traduiront par des bénéfices : des avantages bien identifiés, validés par les utilisateurs et mesurés. On se concentre sur le changement, on s'assure qu'il soit déployé au coût prévu, mais on oublie sa principale raison ", a-t-il expliqué en entrevue. Selon lui, on s'y prend à l'envers. " Il faut partir des bénéfices et les traduire par des changements, et non l'inverse. »

J'ajouterais à son commentaire que le principal problème de la gestion du changement dans les organisations est un de digestion.

Oui, vous avez bien lu, de digestion.

Je m'explique.

Nous sommes devenus de plus en plus efficaces afin de donner un sens au changement, à rassembler et à diminuer les résistances. Cette connaissance, doublé d'un environnement externe et concurrentiel de plus en plus exigeant eu pour effet de multiplier les changements au sein des entreprises.

Par contre, la digestion est un très long processus qui va bien au-delà de la mise en bouche. Une fois le changement implanté, les gestionnaires doivent s'assurer que les bénéfices escomptés se réalisent, que le changement est complété, que le nouveau processus est bel et bien suivi dans toutes ses facettes, que personne ne retourne à ses vieilles habitudes et que les nouveaux objectifs/indicateurs soient au vert. Bref, il s'agit d'une longue route où rien n'est jamais gagné.

Pourtant, la réalité organisationnelle est tout autre. Les changements se multiplient à une telle vitesse qu'une fois le livrable implanté, c'est-à-dire, avalé, on passe au suivant et ainsi de suite.

Comment alors s'assurer d'une digestion complète? À peine le dernier sandwich avalé que l'on mastique un steak puis des pâtes et un autre sandwich...

Pour bien digérer, il importe de ne pas trop manger, de le faire lentement et de bien mastiquer.

Après cette boulimie de changements, comment s'étonner de ne pas en retirer tous les bénéfices?

Source de l'image: N'ayez pas peur !! La Fabrique de Blogs

samedi 7 novembre 2009

Suggestions de lecture semaine du 9 novembre 2009

Si vous êtes comme moi et que vous êtes en train de vous rendre malade à observer le traitement médiatique au sujet de la grippe A(H1N1), ce blogue représentera votre havre de paix puisque je ne n'insisterai vraiment pas sur ce sujet. Ainsi vous pourrez atteindre la sérénité qu'il nous est impossible de retrouver dès lors que l'on allume le téléviseur.

Vous trouvez que le gouvernement gère très mal la campagne de vaccination? J'ai une solution toute trouvée! J'invite les responsables gouvernementaux à assister au salon sur les meilleures pratiques d'affaires qui aura lieu à Montréal le 12 novembre. Je suis persuadé qu'ils y trouveront de nouvelles techniques afin de rendre le processus performant. Pour ma part j'y serai. Au plaisir de vous y rencontrer.

Pendant que tout le monde a le regard tourné vers la grippe, Clément Gignac en a profité pour relancer le débat sur le niveau de vie et la richesse des québécois, cette fois-ci, en comparaison des ontariens. Je suis bien d'accord avec lui. Par contre, j'ai bien hâte de voir la réaction des solidaires qui sont, habituellement, complètement allergiques à ce type d'argumentation....À suivre au cours de prochains jours.

D'ici là, voici dix nouveaux billets à vous mettre sous la dent.

Dans un contexte où l'on est de plus en plus exigeant sur la responsabilité sociale des entreprises, le mécénat de compétences s'avère une avenue intéressante à explorer.

Un billet très fouillé sur la grippe A H1N1 en entreprise où l'on observe deux phénomène soit la psychose et l'inertie.

Si les systèmes d'information de gestion des ressources humaines (SIRH) vous intéresse.

Un sujet qui m'intéresse beaucoup: Les normes qualité s'imposent en entreprise : process et management de la qualité.

Faisons le tour de ce qu'est le workflow management.

Un billet qui nous informe sur la mutation stratégique de GE.

Pas évident de concilier vie professionnelle et la famille.

Conduite de réunion: comment réussir à convaincre, en groupe?

Toyota way ou «Broken House»?

En terminant, dix bonnes pratiques pour traverser LA crise et les crises.

Bonne semaine!

Vous avez un billet à partager qui serait d'intérêt pour le lectorat de ce blogue, n'hésitez pas à m'en faire part, il pourrait faire partie des suggestions de lecture!

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jeudi 5 novembre 2009

Question sur les principaux enjeux de gestion de l'année 2010

question

Ayant beaucoup parlé au cours des dernières semaines j'ai envie de prendre une petite pause afin de vous céder la parole question de prendre le temps de vous écouter.

En ce sens, mon billet est fort simple. J'aimerais tout simplement que vous répondiez à une toute petite question.

Quels seront les trois enjeux de gestion que vous devrez affronter au cours de la prochaine année?

Si vous n'êtes pas gestionnaire, votre avis m'intéresse tout autant, bien que la formulation de la question soit différente:

Quels seront, selon-vous, les trois enjeux de gestion les plus importants auxquels feront face les gestionnaires au cours de la prochaine année?

Vos réponses me permettront d'identifier les thèmes à développer davantage au cours des prochains mois en plus d'en connaitre davantage sur vos préoccupations actuelles.

Merci de répondre en grand nombre!!

 

lundi 2 novembre 2009

Critique du culte de la gestion par les résultats

clé succès

C’est à la lecture de ce billet de Alain Patchong que m’est venu l’idée de renforcer le message de l’auteur en y mettant mon grain de sel, car je crois qu’il touche un point extrêmement important.

Avoir du succès c’est bien, savoir pourquoi on en a, c’est mieux!

Ou encore, j’aurais pu tout aussi bien vous dire que j’aime autant subir un échec en sachant exactement ce qu’il y a à faire pour corriger la situation que d’avoir du succès sans trop en connaître les raisons.

Pourquoi?

Parce qu’avoir du succès sans trop savoir pourquoi représente un danger. C’est un peu comme conduire une voiture sans connaître les différents contrôles du véhicule et/ou sans cours de conduite. Rien ne garanti que vous aurez un accident. Il est fort possible que vous puissiez vous rendre au café du coin sain et sauf. Allez-vous conclure pour autant que vous savez conduire? Vous savez fort bien que les risques d’accident sont très grands, que ce n’est qu’une question de temps…..avant que…..

Il est en de même en affaires. Lorsque vous questionnez les gens et les entreprises qui connaissent du succès, vous pouvez créer deux groupes distincts. Ceux qui savent conduire et ceux qui pensent savoir conduire.

Rares sont les gestionnaires qui vous diront qu’ils ne savent pas pourquoi ils connaissent du succès. Par contre, en les questionnant, vous pouvez facilement déterminer si les raisons invoquées sont solidement enracinées dans le réel ou s’ils relèvent plutôt de l’univers des suppositions et des hypothèses.

Les entreprises qui connaissent du succès et qui savent pourquoi sont très efficaces dans le contrôle de leurs processus. Ils connaissent les processus qui créent de la valeur dans leur modèle d’affaires ainsi que les extrants que doivent produire ces processus.

Dit autrement, le comment (processus) importe davantage sinon plus que le quoi (résultats).

C’est pourtant les résultats qui sont valorisés dans le monde des affaires. La gestion par les résultats a plusieurs adeptes. Qui sont-ils? Ce sont les gestionnaires qui vous laissent carte blanche en vous donnant le mandat d’obtenir des résultats tout en disant :

«Fais-le de la façon qu’il te plaira, l’important c’est que tu obtiennes X résultats.»

Si le gestionnaire fait de même avec l’ensemble de ses employés il aura, au sein de son entreprise – unité – service, autant de façons de faire qu’il y a d’employés. Dans ce cas, comment peut-il connaître les raisons pour lesquelles il a du succès? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Mais, à quoi bon s’en faire puisque les objectifs d’affaires sont atteints me direz-vous. Le jour où il y aura un échec, comment ferez-vous pour en déterminer les causes dans ce capharnaüm de pratiques hétéroclites?

Ce point est tellement important que Toyota utilise un système qui confirme la primauté des processus sur les résultats.

Voici un extrait tiré du billet : «Qu'est-ce qui est plus important: le processus ou le résultat?» qui démontre bien ce que j'avance en présentant un modèle utilisé dans un système éducatif aux États-Unis.

    • « Vous avez de bons résultats et vous avez suivi le processus alors c’est très bien et vous avez un A.
    • Vous n’avez pas de bons résultats et vous avez suivi le processus alors vous avez un B+. L’on considère que cet « échec » est une forme de variabilité (common cause variation) et qu’au prochain coup vous aurez de bons résultats : « the right process will produce the right results ».
    • Vous avez de bons résultats et mais vous n’avez pas suivi le processus alors vous avez un B-. De deux choses l’une : soit vous êtes quelqu’un de très chanceux ; soit vous êtes un génie qui a inventé une nouvelle méthode, meilleure que le processus standard. Dans notre exemple ci-dessus, vous êtes manifestement un gros veinard, pour être arrivé vivant.
    • Vous n’avez pas de bons résultats et vous n’avez pas suivi le processus alors vous avez un C. »

De votre coté, qu’est-ce qui vous importe le plus, le quoi ou le comment?

Source de l'image: chichacha