lundi 7 février 2011

Prendre le temps d'aller plus vite.

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Un lundi comme les autres. J'arrive au bureau assez tôt, les journaux sont déposés en haut de l'escalier afin que le premier arrivé puisse les descendre à la cuisine. Une manchette attire mon attention:

« 13 millions d'ordonnances: Les Québécois n'ont jamais consommé autant d'antidépresseurs. En 2010, c'est plus de 13 millions d'ordonnances qui ont été remplies uniquement dans la province.»

Un spécialiste mentionne :

«J'ai l'impression aussi que c'est rassurant parfois d'avoir une pilule. On veut toujours régler nos problèmes et les régler rapidement.»

Le bonheur instantané.

Au dîner, une collègue raconte qu’il y a un régime qui gagne énormément en popularité à l'heure actuelle, car il circule abondamment via Facebook. Il s’agit d’un régime qui promet de perdre 10 livres en trois jours. Une petite recherche m’apprend que ce régime circule épisodiquement et ce, depuis plusieurs années.

Avouons tout de même que c’est assez intense et rapide comme méthode.

La minceur instantanée.

En revenant du bureau, une publicité radiophonique de suppléments alimentaires nous promet de ne plus jamais manquer d’énergie.

La santé instantanée.

Les livres promettant richesse et bonheur en 10 étapes faciles se vendent comme des petits pains chauds.

La richesse instantanée.

Etc.

Dans le domaine de la gestion et du monde des affaires, ce phénomène existe aussi. Il y a beaucoup de gestionnaires à la recherche de la recette miracle, du «quick win», «de la petite affaire incroyable facile à implanter en cinq minutes».

Mais il y a un os.

Le succès à long terme d’une entreprise réside dans sa capacité à développer un avantage concurrentiel durable. C’est donc dire que cet avantage ne doit pas être facilement copiable et imitable.

Si vous voulez une solution simple et rapide, c’est donc qu’il s’agit de quelque chose de facile. Quand c’est facile et bien, tout le monde le fait. Et si tout le monde le fait, c’est donc que ce n’est pas un avantage concurrentiel durable. Et si ce n’est pas un avantage concurrentiel durable, il y a fort à parier que ce ne soit pas réellement intéressant.

Bien souvent, en voulant aller plus vite on crée initialement un mouvement rapide que l’on est pas en mesure de soutenir dans la durée.

En prenant le temps de bien faire les choses, on ralentit le rythme afin d’être en mesure d’aller beaucoup plus vite sur le long terme.

La seule exigence à cette méthode est de prendre le temps. C’est tout. Pourtant, cette simple action semble totalement impensable pour une majorité de gestionnaires emprisonnés dans le tourbillon des résultats à court terme, des feux à éteindre et de l’échéance du prochain trimestre.

Mais, ce faisant, il y a encore moins de temps, plus de feux à éteindre et les échéances arrivent encore plus rapidement….

Jean Harvey, professeur à l’ESG UQÀM avait un exemple savoureux pour illustrer cette situation :

Une entreprise possède un grille-pain. Un bon matin, le grille-pain brise et produit des «toasts» brûlés. Ne voulant pas arrêter la machine de production, le gestionnaire décida d’engager de nouveaux employés afin que ceux-ci puissent gratter les «toasts» brûlés. Ce faisant, le grille-pain produit de plus en plus de «toasts» brûlés ce qui demande d’engager encore plus de «gratteux de toasts brûlés».

La réussite à long terme repose sur l’amélioration des causes profondes d’une problématique et non pas sur le maquillage de ses symptômes.

En conclusion, prenez tout le temps nécessaire afin de vous créer un avantage concurrentiel durable. N’attendez pas que votre concurrent le fasse avant vous, car, à ce moment, il se pourrait bien que, du temps, vous en ayez à revendre….

Source de l'image: wallyg

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