mardi 9 septembre 2014

Les sièges les plus convoités sont toujours ceux près du président

 

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Ce billet m’a été inspiré par Andrée Laforge et se veut une réponse à son article intitulé : Le courage et les ressources humaines. Mme Laforge se demande : « comment se fait-il que les RH ne soient pas encore à la table des décisions? ». Dit autrement, comment faire passer la fonction RH d’un rôle de soutien à un rôle stratégique? L’introduction du texte m’a fait sourire, car l’auteure nous mentionne, d’entrée de jeu, que malgré le fait qu’elle ait un très grand intérêt pour le domaine, elle ne provient pas du monde des RH. Ça m’a fait sourire, car je viens du monde des RH, ayant été formé en Relations Industrielles initialement. Quand même ironique que ça soit « le gars des RH » qui joue le rôle de l’avocat du diable à un texte voulant donner plus de place aux RH….

Je comprends très bien l’intention de Mme Laforge, le débat existe depuis fort longtemps et ne risque pas de s’éteindre de sitôt. Les gens de marketing croient que le marketing est LA fonction la plus importante dans l’organisation, même chose pour les ventes, les communications, les TI, etc. Les finances et la production ont toujours eu une place de choix, mais voient d’un mauvais œil les autres fonctions tenter de prendre du galon. Tout cela est normal et relève plus de la politique que du management. Chacun prêche pour sa paroisse, aucune surprise de ce coté. J’ai amorcé mes études de Relations Industrielles en 1990 et la première chose que l’on m’a dit lors de la réunion d’accueil fut:

« Les RH doivent prendre leur place et lancer un message clair dans toute l'organisation. La fonction ressources humaines est importante et stratégique, celle-ci doit être représentée par un Vice-Président RH se rapportant directement au président et non pas, cachée ou subordonnée au marketing ou aux communications par exemple. »

En 1990…..

Et vous savez quoi? Mon ami étudiant en marketing s’est fait dire la même chose à propos de sa discipline, idem pour celui en communication. Quant à celle en science de l’orientation, on l'a informée que le principal débouché était en….ressources humaines!

Toutes les fonctions veulent être au comité de direction. Toutes veulent relever directement du président et être représentées par un premier vice-président, toutes! Sans aucune exception….

S’il y avait une structure organisationnelle optimale et performante pour l’ensemble des entreprises, elle serait largement documentée, connue et implantée. Ce n’est pas le cas. Il y a donc nécessairement une multitude de possibilités en fonction du contexte de chacune des entreprises. Une fois cette observation effectuée on convient aisément que le lobby des différents métiers relève du domaine de la politique et de l’influence. Éliminons le coté politique de l’équation et regardons la question froidement, d’un point de vue de management sans aucun parti pris préalable.

La structure organisationnelle est au service de la mission, de la vision, du modèle d’affaires et de la culture organisationnelle. Elle permet à l’entreprise de réaliser sa mission et ses objectifs. Dépendamment de son importance, de l’industrie, du modèle d’affaires, de l’environnement, etc. l’organisation décidera de se doter de telle ou telle structure organisationnelle. Certaines entreprises seront plus performantes avec une fonction RH très importante, stratégique et organisée, tandis que ça ne sera pas le cas pour un autre type entreprise qui devra plutôt mettre l’accent sur la production ou les finances par exemple. Il faut aussi se rappeler qu’il n’est pas efficace d’avoir un comité de direction de trente personnes, ça serait complètement ingérable, pourtant, tous y veulent un siège. Des choix difficiles s’imposent et ce n’est pas toujours la fonction RH qui devrait avoir la place de choix. Des fois oui, des fois non. Simple application de la théorie de la contingence.

Voilà pour la partie plus critique du texte de Mme Laforge. Par contre, là où je suis totalement en accord avec elle c’est dans le cas ou l’analyse de l’organisation commande que la fonction RH soit importante et stratégique et que, dans les faits, elle ne le soit pas, ce qui survient régulièrement. En effet, les raisons invoquées dans l’article expliquant les raisons d’une telle situation me semblent très juste. De plus, le respect, le courage et surtout, la mesure en RH sont des éléments très importants afin de corriger la situation et s’assurer que dans les cas où il serait souhaitable pour l’entreprise de posséder une fonction RH forte et stratégique cela se réalise et que les RH puissent influencer, au niveau souhaité, toute l’organisation.

C’était mon petit grain de sel dans cet éternel débat, en espérant avoir pu faire progresser votre propre réflexion, mais n’oubliez jamais que chaque université, chaque association professionnelle et chaque professionnel visent à ce que sa propre discipline se retrouve tout à coté du fauteuil du président……c’est simplement, dans l’ordre des choses.

 

Crédit photo: Sheraton Parsipany

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