mercredi 10 décembre 2008

La recette ultime du succès en cinq étapes faciles.

fusée Il m’arrive fréquemment de côtoyer des collègues gestionnaires lors de réunions ou d’événements divers et à travers le temps, certains constats s’imposent:

 

  • La très grande majorité des gestionnaire rencontrés se sentent seuls. «Lonely at the top» comme dirait certains.
  • Par contre, à force d’échanger avec les collègues on réalise rapidement que nous vivons tous, à des degrés divers, sensiblement les mêmes difficultés.
  • Rapidement quelques personnes du groupe partent à la chasse aux pratiques gagnantes….
  • …et quelques uns à la recherche de la recette miracle….

C’est à peu près, le «pattern» classique de ces rencontres.

Tout d’abord, écartons immédiatement le scénario de «la recette miracle». Vous savez, la petite feuille, sur laquelle il est écrit: «La recette ultime du succès en dix étapes faciles». Dans le domaine de la gestion, la théorie de la contingence est reine. Vous savez, le fameux «ça dépend». Bon je sais, c’est décevant à entendre quand on recherche la formule miracle, mais que voulez-vous c’est pourtant la réalité.

«Si la recette miracle existait, on l’aurait» pour paraphraser la publicité d’un quincailler connu. La réalité est plus complexe, plus nuancée, d’où l’échec de la formule miracle, du «one size fit for all».

Mon discours vous semble évident? Et bien, de combien pensez-vous que j’augmenterais mon achalandage sur ce blogue avec un billet ayant pour titre: «La recette ultime du succès en cinq étapes faciles»? (ha ha ha!)  Il y a un énorme marché pour ce type de billets, alors, il y a donc plusieurs personnes qui y croient, à cette formule universelle. Est-ce la raison qui fait que vous êtes atterri sur ce site, à lire ce billet? ;)

En gestion, désolé, mais ça n’existe pas.

Le deuxième groupe est à la recherche de pratiques gagnantes. On essaie de bénéficier de l’expérience des collègues ou des concurrents sur une problématique donnée.

Le benchmarking est une pratique pertinente lorsque l’on désire se comparer, s’inspirer et récupérer un retard dans un domaine précis. Bien sûr, en autant qu’il soit possible d’imiter, d’implanter et/ou d’adapter la pratique en question.

Les principaux moyens à utiliser afin d’être informé sur les pratiques gagnantes sont: la vigie, votre réseau personnel, les médias, les colloques/congrès et les communautés de pratique.

L’imitation n’est pas, à mon sens, à éviter, mais elle doit être utilisée avec parcimonie. L’erreur à ne pas faire est d’en faire un absolu, car, ce faisant, vous venez de tuer tout avantage concurrentiel.

En effet, l’imitation permet d’égaler la concurrence, pas de la dépasser.

Être meilleur que la concurrence n’est-il pas l’objectif ultime?

En fait, vous conviendrez avec moi qu’il est pratiquement impossible, pour une entreprise, d’être la meilleure dans tous les domaines.

Ainsi, en fonction de son plan stratégique, une organisation donnée tente de se créer un ou des avantages concurrentiels dans des créneaux très précis.

Pour ces éléments il importe d’innover car si vous vous contentez d’imiter vous ne pourrez pas vous créer un avantage concurrentiel. Par conséquent, vous échouerez à déployer votre stratégie.

D’un autre coté il est tout aussi impensable de songer à innover pour l’ensemble des processus de l’organisation.

Il importe de se rappeler que lorsque vous imitez votre concurrent, vous mettez de l’énergie à vous rendre là où celui-ci se trouvait hier. Pendant ce temps, votre concurrent, lui, travaille à aller encore plus loin. Vous serez donc condamné à être constamment un pas en arrière.

Utilisez donc l’imitation pour rattraper un retard dans un domaine non stratégique et utilisez l’innovation et l’amélioration continue dans les domaines où vous désirez vous bâtir un avantage concurrentiel.

Elle est bien là, la véritable recette miracle! 

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