mardi 19 août 2008

La décision de M. Couillard et la privatophobie.

Source de la photo: Cyberpresse



C’est parti! Le débat est
relancé. L’annonce du passage de Philippe Couillard au privé a réveillé les groupes de pression québécois de leur dormance estivale. Encore une fois, ces groupes nous démontrent leur totale intolérance à la moindre possibilité d’un début de commencement de tentative de débat public sur la question.

Soyons clair, je ne suis pas libéral. Par contre, ce qui me déplaît au plus haut point dans ce genre de dossier c’est notre incapacité chronique à en discuter collectivement. Je ne vous dis pas de privatiser le système partiellement ou complètement. Je n’en suis même pas là. Je voudrais seulement que l’on puisse évaluer ces solutions. Le système ne fonctionne pas présentement, le statu-quo n’est donc pas une option. Pouvons-nous, SVP, regarder ces options? C’est à la base même du plus simple système d’amélioration continue. Par la suite nous ferons le débat public concernant une éventuelle décision.

Mais non……..

Au Québec, selon certains, pour être un vrai québécois, il faut être indépendantiste, être social-démocrate et être farouchement opposé à toute forme de privatisation de ce qui est présentement public. Pas de PPP, pas touche à la SAQ, à l’hyrdo-électricité, etc. etc.

Encore une fois, comprenons nous bien, je ne suis pas nécessairement favorable à ces options, je vous parle de la possibilité d’en discuter, simplement. Mais non, ces groupes ne veulent même pas en discuter, nous sommes des traîtres à la nation si nous le faisons. C’est là que je suis en total désaccord. Si je ne pense pas comme vous, cela ne veux pas dire que je ne suis pas un québécois. Cela veux simplement dire que…..je ne pense pas comme vous, sans plus.

Je déteste donc quand un individu, politicien ou autre, donne du québécois à qui mieux mieux en m’impliquant indirectement dans son idéologie. M. Duceppe est un utilisateur régulier de cette pratique. Il donne souvent des entrevues en mentionnant les valeurs des québécois et que si le gouvernement fédéral fait tel ou tel choix, cela va en l’encontre des valeurs des québécois et que ceux-ci ne seront pas d’accord…etc. À croire qu’il nous a tous demandé notre avis. Il parle en mon nom et ça m’embête.

Une illustration du type de réaction des groupes de pression se retrouve dans le récent billet de mon collègue bloggeur Le satellite voyageur. La dernière ligne du billet mentionne que :

«Allez, bonne chance M. Couillard ! Tous les citoyens du Québec vous saluent… le majeur levé !»

Notons l’implication de tous les citoyens du Québec dans sa prise de position. Cher collègue, je respecte votre opinion sans nécessairement la partager mais de grâce, ne m’impliquez pas. Ce n’est pas tous les citoyens qui pense comme vous, alors laissez-nous en dehors de ça.

Concernant la décision de M. Couillard, ma position rejoint entièrement celle de Vincent Marissal du journal La Presse. Position plus nuancée. Il fait lui aussi mention de la «privatophobie» québécoise et il pointe ce qui, selon moi, doit être la véritable question à débattre soit le possible ou l’apparence de possible conflit d’intérêt. En effet, M. Couillard se doit d’être très prudent sur cette question, il sera sous surveillance et c’est parfaitement justifié.

Dans ce type de dossier, tout comme en gestion, avant de prendre une décision ou de prendre position il est très important d’une part, d’essayer de prendre en considération l’ensemble des points de vue et possibilités et d’autre part, d’explorer l’ensemble des solutions possibles. Sans ce cadre d’analyse, nous tombons dans le dogmatisme et le dogmatisme n’a jamais fait avancer les organisations, pas plus que les sociétés pour la simple et bonne raison qu’il empêche l’émergence de solutions innovatrices. Certains groupes de pression auraient avantage à s’en souvenir.

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