mardi 7 juillet 2009

C'est toujours la faute du boss!

patron

Mon dernier billet a fait réagir. J'aimerais y revenir afin de poursuivre le débat en y ajoutant certaines variables.

L'idée voulant que le succès de la relation employeur/employé soit fait de rôles et de responsabilités qui doivent être assumés par les deux parties n'est pas une idée populaire. Plusieurs intervenants soulignant que le rapport de force étant, de par sa nature, inégale, ainsi en est-il de la relation. Son succès dépend fortement de la compétence et de la performance du gestionnaire.

Un lecteur anonyme me faisant remarquer que:

«Aussi les conseillers en RH affirment depuis longtemps que les démissions des employés performants sont majoritairement reliées à des problèmes d'encadrement et de gestion.»

Il est vrai qu'une part importante des gens qui quittent leur employeur invoquent "le supérieur immédiat" comme cause première du départ. C'est en tout cas ce que révèle les entrevues de fin d'emploi réalisées par le département des ressources humaines ou une firme indépendante spécialisée en la matière.

Doit-on en conclure pour autant que le gestionnaire en question est incompétent? Mauvais? Qu'il a un problème de rétention de main-d'œuvre?

C'est un raisonnement tentant mais que je ne ferai pas si facilement.

Prenons l'exemple de Danny Heathley des Sénateurs d'Ottawa. Ce joueur de hockey à demandé à son équipe de l'échanger avant le début de la prochaine saison. C'est un secret de polichinelle que la relation qu'il entretient avec son nouvel entraîneur n'est pas, disons, harmonieuse.

Doit-on en conclure que ledit entraîneur est mauvais?

Est-il possible que le problème soit Danny Heathley lui-même? Ou plus probablement que se soit la conjonction des deux individus qui pose problème?

Un gestionnaire doit-il tout faire pour conserver ses employés? Se faisant, sera-t-il à même d'instaurer les valeurs, les processus, la performance qu'il souhaite pour son équipe? La rétention, oui mais pas la rétention à tout prix!

Daniel Lamarre du Cirque du Soleil a déjà déclaré dans une entrevue qu'un des pré-requis pour travailler au Cirque était d'être créatif et d'avoir l'ouverture de toujours tout remettre en question. Quelqu'un qui ne possède pas ces qualités ne peut survivre au Cirque du soleil.

La relation employeur/employé est complexe. L'envisager sous l'angle du méchant patron puissant contre le petit employé sans défense est, à mon sens, réducteur.

Je ne nie pas qu'il existe, encore, malheureusement, de très mauvais employeurs, abusifs, avec un style de gestion très autoritaire.

Il existe aussi des employés sangsues qui demandent, demandent et demandent sans jamais livrer la performance tant promise.

Remettre dans les mains seules,  des gestionnaires, l'ultime responsabilité du développement des compétences, de la carrière et du bonheur des employés revient à infantiliser la relation.

Une relation mature et adulte me semble plus appropriée. Cet objectif exige un partage équitable des responsabilités pour assurer le succès et la performance en emploi,

J'aimerais vous entendre, le débat est ouvert.

 

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