jeudi 19 mars 2009

Crise financière: Nous sommes tous responsables!

crise

J’ai la chance, dans le cadre de mon travail, de rencontrer beaucoup de gens. Des collègues, des professionnels, des agriculteurs, des techniciens, bref, un échantillonnage assez représentatif de l’ensemble de la société.

Lors de ces rencontres, il est rare, c’est jours-ci, de ne pas aborder la situation économique, la crise financière, les bonus faramineux, les scandales et autres nouvelles du genre.

Les réactions sont diverses dépendamment du milieu d’où provient mon interlocuteur et de son allégeance politique.

Pour les gens de la gauche, la crise actuelle est la preuve irréfutable de l’échec du capitalisme.

Pour les gens de centre gauche, la crise est la preuve irréfutable que nous devons encadrer et réglementer davantage les marchés.

Pour les gens de centre droite, la crise est la preuve irréfutable qu’il faut tout simplement augmenter les peines d’emprisonnement pour les fraudeurs mais que le système fonctionne très bien.

Pour les gens de la droite la crise est la preuve irréfutable que l’État est trop présent et que le marché doit être libre de toute entrave.

Tout dépend donc de notre cadre de référence, la vie est bien faite, n’est-ce pas?

Et puis, dépendamment de ce cadre de référence la faute revient aux fraudeurs, aux méchantes entreprises capitalistes, aux gouvernements, aux profiteurs, aux gestionnaires, etc….bref choisissez votre camp il y en a pour tout le monde.

En fait, la faute revient à…….l’humain et donc à nous tous!

Le communisme a échoué en raison de l’Hommerie. Dans un système étant constitué sur l’égalitarisme, de plus en plus d’individus se sont octroyés des privilèges, menant, petit à petit, le système à la déroute.

La crise financière n’a pas démontré l’échec du capitalisme, elle a seulement mis en lumière, l’avidité, la cupidité et le désir de l’être humain à en vouloir toujours et toujours plus.

Pas seulement les hauts gestionnaires, les grandes entreprises, et les financiers bien en vue mais aussi et surtout l’investisseur moyen, l’homme de la rue.

Car le consommateur moyen exige d’obtenir les meilleurs rendements possibles sur ses investissements, ses REER, son REEE, son fonds de pension, etc.

La concurrence dans ce domaine est de plus en plus forte. Les consommateurs font bien sentir aux institutions financières qu’ils iront voir ailleurs si leur portefeuille d’épargne ne performe pas. Les actionnaires de ces mêmes institutions exigent, eux aussi, des rendements de plus en plus faramineux. Toutes ces demandes mettent de plus en plus de pression sur le système. Tous recherchent les profits et les profits les plus grandioses possibles. Il faut bien impressionner le beau-frère tout de même!

Comment faire plus de profit? En prenant plus de risque, bien sûr. Et de plus en plus de risque. On design des produits financiers de plus en plus complexe permettent de transférer le risque à d’autres (PCAA). On augmente notre levier, et on l’augmente et on l’augmente. Ce faisant les gens font de meilleurs rendements mais exigent encore davantage…..au passage certains s’en mettent dans les poche….et….et…..et……

BOUM!

Ça explose!

Mais nous sommes tous responsables. Trop facile de blâmer les autres. Arrêtons de se pointer tous et chacun pour cette crise. Prenons nos responsabilités, nous poussons tous, à différents niveaux, la machine vers des excès. Comprenons-nous bien. Je n’excuse nullement ni ne cautionne ceux qui ont abusés et profités de la situation. Par contre, ne soyons pas surpris que de tels excès eurent lieu.

Pour illustrer davantage mon propos j’aimerais terminer ce billet en vous présentant un extrait savoureux tiré du livre Les fous du Roi, de Rémi Tremblay aux pages 29 et 30. Ça va comme suit:

«…Tu travailles trop mon gars, lui dit son père qui lui trouve un air fatigué. Il faut que tu te reposes, ce n’est pas bon ces longues heures que tu fais. On n’a qu’une santé, il faut en prendre soin.

La conversation se poursuit et les deux abordent une foule de sujets. Puis, le père se plaint des faibles rendements de ses placements. «Je veux du 20%, rien de moins. Et si mon conseiller financier est trop incompétent pour y arriver, je vais le congédier et en trouver un autre qui va s’arranger pour me donner ce que je veux!» Mon ami sourit, d’un pauvre petit sourire découragé. «Papa, c’est à cause de toi que je suis fatigué.» Le père fait le saut: «Comment ça, mon gars? Je suis toujours là pour toi. Je m’occupe même des enfants quand je peux.»

Mon ami s’explique: P’pa, comment penses-tu que les entreprises où tu places ton argent arrivent à afficher des rendements de 20%? En abusant de leurs employés. En leur pressant le citron. Et moi, je suis un de ces employés; je travaille pour une entreprise cotée en Bourse. Le fonds commun de placement que tu veux voir rapporter 20% contient peut-être des actions de mon entreprise. Alors, chaque fois que tu cries après ton conseiller financier, tu augmentes la pression sur mes épaules.»

Nous sommes tous responsables, car nous sommes humains. Nous recherchons le meilleur rendement possible, le plus rapidement possible mais sommes nous conscient de l’effet que produit des milliards d’humains mettant chacun de la pression sur le système?

Que diriez-vous si nous prenions tous nos responsabilités?

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