mercredi 14 janvier 2009

Crise financière: L’éternel recommencement.

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Début des années 90.

C’est la période où je fais mon entrée sur le marché du travail, de façon, disons, plus officielle. Je débute une carrière dans le domaine des services financiers.

À cette époque, les mots à la mode sont: rigueur, contrôle et précision. Les services financiers, c’est du sérieux! Les clients nous confient leurs avoirs et on ne badine pas avec ça. La confiance étant à la base même du système, tout est mis en œuvre afin de la préserver.

On peux passer des jours entiers à chercher une différence de caisse de……1¢! Vous voulez un nouveau crayon? Il faut rapporter l’ancien pour justifier la dépense. Tout est compté, contrôlé. Un univers de comptables…. C’est comme ça, c’est la culture dans laquelle baigne l’organisation et l’industrie au grand complet.

Évidemment, vous imaginez bien que peu de scandales éclatent durant cette période…les mailles du filet étant assez serrées. Il n’y a aucun système sans faille mais les écarts sont très peu fréquents et les erreurs rapidement identifiées.

Fin des années 90.

On sent un vent de changement se lever. Le décloisonnement dans le domaine des institutions financières fait son œuvre. Les entreprises étendent leurs offres de services et prennent un virage «vente et développement des affaires». Peu de lacunes sont soulevés à la suite des nombreux contrôles et la culture existante est peu compatible avec les changements en cours.

Ce qui devait arriver arriva.

Un petit génie s’est levé et a fait la démonstration que les contrôles coûtent très chers et qu’il reviendrait encore moins cher d’assumer le paiement du règlement en cas d’erreur que de continuer à contrôler.

Il n’en fallait pas plus pour amorcer un vaste virage à 180 degrés. Progressivement les contrôles et normes diminuèrent, diminuèrent, puis diminuèrent pour en être réduit à la plus simple expression possible. Le profil comptable fut remplacé par le profil vendeur ce qui accentua le mouvement puisque le vendeur déteste les normes, les procédures et les contrôles qui gêne l’activité de vente.

Tout va très bien pendant de nombreuses années, la rentabilité est excellente et le développement des affaires est au centre du système de gestion.

Milieu de la décennie actuelle.

L’industrie va très bien mais il commence à y avoir du sable dans l’engrenage, rien de bien méchant mais quand même. Une faillite par-ci, un scandale par-là….oupss…une fraude aussi.

Les autorités règlementaires sont critiquées, contestées, de même que les firmes de vérifications. Les systèmes de contrôles sont inadéquats.

Le balancier repart dans l’autre sens. Augmentation des obligations règlementaires, des contrôles, des procédures, des vérifications et j’en passe.

Mais le mal est déjà fait: Le PCAA, les scandales financiers, etc.

Comme le dit si bien ma conjointe, il y a tellement de scandales financiers que l’on a du mal à associer le nom de l’accusé avec le bon scandale!

Les vendeurs s’arrachent les cheveux! La conformité est bien trop lourde pour qu’ils puissent faire leur travail convenablement.

Année 2014:

Après cinq ans de contrôles serrés et d’un cadre règlementaire très sévère il n’y eut aucun scandale depuis plus de 12 mois. La confiance est revenu, la tempête semble terminée mais les contrôles existants empêchent les organisations de bien performer.

C’est alors qu’un petit génie se lève et fait la démonstration que les contrôles coûtent très chers et qu’il reviendrait encore moins cher d’assumer le paiement du règlement en cas d’erreur que de continuer à contrôler………

Ne croyez-vous pas qu’il serait temps que l’on finisse de reproduire constamment ce cycle et que l’on arrête le balancier au milieu, là où un juste équilibre existe?

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