lundi 12 janvier 2009

La génération Y frappe le mur de la récession.

Gen y

Ceux qui me lisent depuis un certain temps le savent, je m’intéresse beaucoup à la génération Y et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que cette génération fait couler beaucoup d’encre et surtout car elle procure aux managers un formidable défi de gestion.

Le courant actuellement majoritaire au sein de la littérature nous incite à croire que cette génération est fort différente et que ce faisant, elle demande de développer un contexte organisationnel et des pratiques de gestion qui sont, elles aussi, différentes.

J’ai déjà présenté mon point de vue sur cette question et je suis très critique quant à la théorie dominante. Mon idée n’est pas encore définitive mais je penche de plus en plus vers une solution de compromis entre nouvelles valeurs, âge et contexte particulier du marché de l’emploi.

Valeurs différentes.

Plusieurs textes nous informent que la génération Y est une génération différente possédant des valeurs qui lui sont propres. Un exemple de ces valeurs en suivant ce lien.

Âge.

Certains auteurs pensent plutôt que la génération Y n’est nullement différente des générations qui l’a précédé. Les valeurs et les comportements que l’on observent de la part de ces jeunes sont  simplement représentatifs de……….leur âge.

Johnson et Lopez sont des partisans de cette explication des choses et je vous invite fortement à lire leur article sur la question dont voici les coordonnées:

  • JOHNSON, James A., LOPES, John, (2008) «The Integenerational Workforce, Revisited», Organization Development Journal, Spring 2008, p. 31

Marché du travail.

Mais si ces comportements/valeurs/attitudes sont simplement représentatifs de l’âge, alors pourquoi en parler autant? Et bien ma présomption, tel que présenté dans ce billet est à l’effet que la génération Y bénéficie d’un contexte du marché du travail qui est tout à leur avantage. Comme dans tout marché en déséquilibre, le rapport de force penche complètement d’un seul coté, et actuellement c’est du coté des travailleurs que ça se passe. Ce faisant, l’employeur se retrouve dans une situation délicate à gérer.

Cette façon de voir les choses trouve de plus en plus de partisans comme en fait foi cet article.

Il semblerait donc que la récession actuelle modifie le rapport de force et redonne un tant soi peu d’équilibre dans ce marché complètement fou.

Au cours de prochains mois, la génération Y vivra une situation qu’elle n’a jamais vécu, soit celle où les emplois seront plus rares. Ainsi, les Y devront commencer a mettre un peu d’eau dans leur vin. Fini les menaces sans quoi ils iront voir ailleurs. Maintenant, place à la négociation de conditions qui puissent satisfaire les deux parties. Je vous concède que cette situation sera de courte durée, car le marché devrait se replacer à moyen terme mais nous n’en sommes pas encore là.

L’article du journal Les Affaires nous indique que certains patrons jubilent à l’idée de se venger des Y et de revenir à un style de gestion plus autocratique. Cela m’étonnerait énormément. Je ne dis pas qu’il n’y en aura pas quelques uns par-ci, par-là…mais pour la très grande majorité des gestionnaires, les nouvelles pratiques en matière de gestion des ressources humaines sont bien intégrées aux valeurs des entreprises.

Pour ma part, je suis fort aise qu’un nouvel équilibre se crée. Un équilibre qui me semble plus sain. Actuellement, ce que je remarque dans ma pratique et auprès de mes collègues c’est qu’une partie non négligeable de la génération Y est extrêmement exigeante envers leur employeur et ce, sur plusieurs volets. À cet égard, je puis vous confirmer qu’une très grande majorité d’entreprises font de pieds et des mains pour satisfaire ces travailleurs. Par contre, lorsque l’on demande aux Y ce que eux feront de plus pour l’organisation…et bien….il n’y a plus de son et encore moins d’image….black out.

Pourtant, comme gestionnaire, je suis prêt à en donner plus, mais au final…«what’s in it for me?»

C’est cette promesse d’équilibre que la récession semble apporter et de ce point de vue, je ne peux que m’en réjouir,

L’établissement d’une nouvelle relation entre la génération Y et les employeurs. Une relation où chacun y trouvera son compte, voilà un programme qui me plaît!

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